Vers un changement de pouvoir en Moldavie

Lecture conseillée en préambule: « La Moldavie entre la Russie et l’Occident – L’intégration européenne à l’épreuve des fractures intérieures »
https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/rnv_110_vardanean_moldavie_russie_occident_2018.pdf

Parallèllement à la liquidation de la junte néonazie de Kiev, Moscou prépare une nouvelle action de politique étrangère: un changement de pouvoir en Moldavie.

Il y a quelques jours le Général de division Rustam Minnekayev, Commandant adjoint du district militaire central de Russie, a précisé les points de la seconde étape de l’opération militaire en Ukraine: Le départ des ukrainiens du Donbass et l’établissement d’un contrôle sur le sud de l’Ukraine avec accès à la Transnistrie. La prise d’Odessa en particulier pourrait être mise de côté puisque la ville portuaire peut être simplement bloquée et coupée de l’Ukraine. Cela réduira son importance et elle pourrait être ensuite intégrée à sa demande à la République de Donetsk par simple referendum.

Le pouvoir actuel en Moldavie est un pouvoir de type atlantiste, sponsorisé et financé par les Etats-Unis et l’Union Européenne, foncièrement russophobe. Avec un accès direct à la Transnistrie, la Russie aura deux options pour y favoriser la mise en place d’un pouvoir pro-russe.

1. Favoriser l’accès au pouvoir des forces moldaves pro-russes en augmentant leur attrait politique avec des prêts, du gaz et de l’essence, des achats gouvernementaux de fruits locaux (La Moldavie est grand producteur de pommes et tomates, que l’on trouve déjà partout à Moscou). Pour cela, des élections législatives anticipées devront avoir lieu et la Transnitrie aura un important rôle à jouer.

2. Moscou peut reconnaître Vadim Krasnoselsky, le président actuel de la Transnitrie, comme autorité légale de la République de Moldavie. Pour cela, la Transnitrie sera renomée officiellement la « République moldave de Transnitrie » puis Krasnoselsky formulera une demande d’assistance à Moscou pour éliminer les rebelles à Chisinau (capitale actuelle de la Moldavie).

Il faut noter que bien que le régime actuel moldave soit financé et soutenu par les pays occidentaux, ceux-ci n’y ont pas, contrairement en Ukraine, promu d’éléments extrémistes (comme Azov et Pravy Sektor en Ukraine). La majorité de la population moldave est tout à fait adéquate et est guidée par le « bon sens paysan ». Elle est majoritairement mécontente du régime actuel qui a fait de la Moldavie le plus pauvre pays d’Europe.

Les Moldaves appartiennent à la civilisation eurasienne « Monde russe » et, comme les Russes, considèrent la vérité et la Justice comme les valeurs les plus élevées. Il est donc peu probable que les forces de sécurité et les responsables locaux s’opposent au nouveau gouvernement, derrière lequel se trouvent les militaires russes qui viennent de briser les reins des militaires nazis ukrainiens, d’autant plus que la population est largement mécontente de sa situation économique actuelle.

Il est probable que le changement de pouvoir en Moldavie n’attendra pas la fin de l’opération spéciale en Ukraine, mais sera réalisé pendant celle-ci, aucun obstacle majeur ne s’y opposant. Une « révolution orange » à l’envers mais contrairement à celle du Maidan en Ukraine, celle-ci sera réalisée sans violence!

Boris Guenadevitch Karpov